Grégory Bettiol

victime d’escroquerie suite à des investissements immobiliers

Lourdement endetté, l’ex-attaquant de Lyon et de Troyes pointe la responsabilité de ses conseillers en investissements immobiliers

ARTICLE L’EQUIPE – Publié le lundi 18 février 2019 à 01:01

Ce sont des déboires de footballeur qu’on n’imagine plus possibles au détour des années 2010. Et pourtant, à trente-trois ans, Grégory Bettiol, ex-attaquant formé à l’OL, champion de France en 2007, passé ensuite par Troyes (L 2) et Clermont (L 2), se retrouve dans une situation financière plus que précaire. Aujourd’hui, il assure avoir été victime de ses conseillers en gestion de patrimoine.

À quand remontent vos premiers investissements immobiliers ?
J’ai acheté ma première maison en 2008 à mon arrivée à Troyes. À l’époque, j’ai fait un emprunt de 240 000 € sur douze ans. Je remboursais 2500 € par mois avec un salaire de 10 000 €. Mon conseiller en gestion de patrimoine était l’ancien milieu de terrain d’Auxerre et de Lyon Philippe Violeau. Puis un de mes coéquipiers à Troyes, Julien Faussurier, est venu me parler d’autres conseillers en m’expliquant qu’ils étaient plus agressifs et qu’ils lui avaient permis de défiscaliser une importante partie de ses revenus en investissant dans l’immobilier. Je me suis laissé tenter.

Que s’est-il passé ensuite pour vous ?
J’ai rencontré notamment Didier Sanchez. Lui et un de ses partenaires m’ont expliqué qu’ils allaient s’occuper des emprunts bancaires, du notaire, des avocats, et que j’avais juste à signer pour devenir propriétaire d’autres biens. Ils m’ont même proposé de remplir mes déclarations d’impôts. Ils avaient accès à mes comptes bancaires car je leur avais donné les codes. Je ne m’occupais de rien, j’étais exclusivement concentré sur ma carrière. J’ai alors investi, en 2011, dans une location meublée non professionnelle (LMNP) dans une résidence Pierre et Vacances à Roquebrune-Cap-Martin, juste à côté de Monaco. J’ai, à nouveau, emprunté 250 000 € pour des mensualités de 2 600 €. Ensuite j’ai acheté un appartement en loi Malraux(*) à Nîmes en décembre 2011, toujours via Didier Sanchez, pour un montant de 180 000 €. Je rembourse 1 900 € par mois mais aujourd’hui, nous sommes en 2019, et les travaux de ce bien ne sont toujours pas achevés. J’ai encore investi, en décembre 2012, dans un monument historique à Vichy. Là, j’ai obtenu un autre prêt de 380 000 € pour des remboursements de 3 400 € par mois.

Pourquoi investir toujours en fin d’année ?
Vos conseillers viennent vous trouver en vous disant qu’on arrive en fin d’année fiscale et qu’on peut encore faire un investissement pour commencer à le déduire sur la prochaine déclaration d’impôts. Après, la défiscalisation liée à mes investissements immobiliers a bien fonctionné pendant trois ans, comme c’était prévu. Pour vous donner un ordre d’idée, en 2013, j’ai déclaré 258 000 € de revenus sur lesquels j’ai payé 5900 € d’impôts. J’ai gagné jusqu’à 18 000 € de salaire mensuel et je remboursais plus de 10 000 € d’emprunt par mois. J’ai dû mettre un terme à ma carrière en 2015 sur blessure. Aujourd’hui, je rembourse une échéance de 5 500 € mensuelle alors que ma femme et moi gagnons 5 000 €.

Comment faites-vous pour vous en sortir ?
À un moment, j’ai dû cumuler deux emplois. J’étais chauffeur livreur entre 4 heures du matin et midi et ensuite j’enchaînais comme coach sportif jusqu’à 21 heures. Aujourd’hui, il me reste 9 000 € d’épargne sur mon compte mais, à la fin du mois de mars, je n’aurai plus rien. Je me suis aussi rendu compte qu’on m’avait vendu mon appartement de Vichy bien au-dessus de sa valeur. J’y ai investi 380 000 € et j’ai fait une estimation, si j’en tire 90 000 € net vendeur, ce sera déjà bien. On nous a baladés sur l’immeuble de Nîmes pendant des années. On me disait que les travaux étaient effectués à 98 % alors que c’était complètement faux. Ce bien est totalement délabré et il faudrait y injecter, selon un expert judiciaire, plus de 900 000 € pour voir les travaux terminés.

Pourquoi avez-vous décidé de parler à visage découvert alors que d’autres n’osent pas le faire ?
Je n’ai plus rien à perdre, j’ai déjà tout perdu. Aujourd’hui, j’attends juste deux choses : que la justice fasse son travail pour que toutes les victimes de cette affaire soient dédommagées et qu’on sache où est passé notre argent destiné aux travaux, et que l’UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) s’engage dans un travail de prévention et d’information auprès des nouvelles générations de footballeurs pour que cela ne se reproduise plus jamais. 

(*) Dispositif de défiscalisation sur la rénovation du patrimoine historique.

Allez plus loin

consolidez votre engagement qualité

Vous souhaitez faire partie 

de l'élite dans la gestion de patrimoine ?

france certification

Téléphone

0800 200 268

CONTROL CERT PATRIMOINE 2019 // MENTIONS LÉGALES // CONCEPTION LA PETITE AGENCE